Vol de carburant : quelle assurance rembourse un réservoir percé ?
La rédaction Point Essence · 1 octobre 2026 · 4 min de lecture

Photo
Affichage des prix à la pompe (photo d'illustration).
Photo : Pekka Vyhtinen · Wikimedia Commons · CC BY 4.0
Le carburant volé n'est presque jamais remboursé. La réparation, oui, par la garantie vandalisme — à condition d'avoir déposé plainte.
La réparation du réservoir est remboursée par la garantie vandalisme, ou vol selon les contrats. Le carburant emporté, lui, ne l’est presque jamais : il n’entre dans le champ d’aucune garantie standard. Et sans dépôt de plainte, ni l’un ni l’autre n’est indemnisé.
Deux sinistres distincts, que l’assureur ne traite pas pareil
Un siphonnage avec perçage produit deux pertes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
Le carburant est un consommable. Il n’est pas une pièce du véhicule, et aucune garantie ne le couvre par défaut. Il n’est remboursé que lorsque le contrat le prévoit expressément, ce qui reste minoritaire.
Le réservoir percé, lui, est un dommage matériel sur le véhicule. C’est lui que l’assureur indemnise, après l’avoir qualifié — vandalisme le plus souvent, tentative de vol dans certains contrats. La trappe forcée ou la goulotte arrachée relèvent de la même logique.
Autrement dit : on vous rembourse le trou, pas ce qui s’en est écoulé.
Ce que couvre chaque formule
| Formule | Réparation du réservoir | Carburant volé |
|---|---|---|
| Tiers simple | Non, sauf option vol ou vandalisme souscrite | Non |
| Tiers étendu | Oui, dommages au véhicule | Rarement |
| Tous risques | Oui | Seulement si le contrat le prévoit |
Un tiers simple sans option laisse donc l’intégralité de la facture à votre charge — soit 600 à 1 500 € selon le modèle, puisqu’un réservoir percé se remplace et ne se répare pas.
La plainte conditionne tout
C’est l’étape qu’on néglige et celle qui décide. Sans procès-verbal, l’assureur n’a aucun moyen de distinguer un vol d’une consommation ordinaire, et la qualification en vandalisme ne tient pas. Un siphonnage déclaré sans plainte ni photo est presque toujours refusé.
Les délais sont courts : comptez cinq jours ouvrés pour déclarer un vol à votre assureur, parfois deux seulement selon les contrats. Photographiez le dessous du véhicule, le réservoir et la flaque au sol avant de faire remorquer.
Déclarer n’est pas toujours la bonne décision
C’est le calcul que personne ne fait, et il mérite deux minutes.
La franchise de la garantie vandalisme s’applique, et le sinistre déclaré alimente votre relevé d’information : il peut nourrir une hausse de cotisation à l’échéance. Si la réparation est dans le bas de la fourchette et votre franchise dans le haut, vous paierez presque autant, et deux fois — une fois le garagiste, une fois l’assureur l’année suivante.
Avant de déclarer, mettez face à face le devis du garagiste, le montant exact de votre franchise vandalisme, et ce que l’assureur vous indiquera du malus.
Deux situations, le même sinistre, deux décisions opposées :
- Réservoir à 1 400 €, franchise à 300 €. L’assureur verse 1 100 €. La hausse de cotisation éventuelle ne rattrapera pas cette somme : on déclare.
- Réservoir à 650 €, franchise à 400 €. L’assureur verse 250 €, que la majoration à l’échéance peut absorber en une ou deux années. On paie soi-même, et le relevé d’information reste vierge.
La bascule se situe donc moins dans le montant des dégâts que dans l’écart entre ce montant et votre franchise. C’est ce chiffre-là qu’il faut connaître, et il figure dans vos conditions particulières, pas dans la plaquette commerciale.
Le conseil de la rédaction — Ouvrez votre contrat aujourd’hui, pas le matin où vous trouverez la flaque. Deux lignes suffisent à vérifier : l’existence d’une garantie vandalisme, et le montant de sa franchise. C’est ce couple-là, et lui seul, qui déterminera ce que vous toucherez.
Le carburant perdu, lui, dépend d’où vous l’avez acheté
Puisque c’est la part qui ne sera pas remboursée, autant qu’elle vous ait coûté le moins cher possible. L’écart entre villes est loin d’être anecdotique : au 1er octobre 2026, un plein de 50 litres de gazole revient à 114,00 € à Chartres contre 124,85 € à Mulhouse, soit près de 11 € de différence pour le même volume.
C’est aussi, accessoirement, 11 € de moins à perdre si le réservoir est vidé pendant la nuit.