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Gazole : 10 millions de barils libérés, 12 à 18 centimes de baisse promis au 1er novembre

La rédaction Point Essence · 7 octobre 2026 · 4 min de lecture

Sébastien Lecornu, Premier ministre, s'exprime devant les micros lors d'une déclaration à la presse

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Sébastien Lecornu lors d'une déclaration à la presse.

Photo : Ian Langsdon/Pool Photo via AP · Tous droits réservés

Sébastien Lecornu puise dans les stocks stratégiques. Ce que la mesure changera à la pompe, et pourquoi les conducteurs d'essence n'en verront rien.

Sébastien Lecornu a annoncé le 7 octobre, depuis Matignon, la libération de 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques françaises. L’opération s’étalera sur trois mois et doit faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes le litre à partir du 1er novembre. Les conducteurs d’essence, eux, n’en verront rien.

Ce que sont ces réserves, et ce qu’on en retire

La France est tenue par l’Agence internationale de l’énergie de conserver l’équivalent de 90 jours d’importations nettes. Ces stocks sont constitués par le Comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers, créé par la loi Billardon du 31 décembre 1992 : chaque distributeur doit immobiliser en permanence un volume correspondant à 29,5 % de ses ventes de l’année précédente. L’essentiel est géré par la SAGESS, société anonyme de droit privé.

En mars 2026, le gouvernement annonçait disposer de 108 jours, soit environ 100 millions de barils. Les 10 millions libérés en représentent donc le dixième.

Le mécanisme de la baisse tient à la date d’achat, et non à une subvention :

« Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours. Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe, dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole », a déclaré le Premier ministre, cité par Reuters.

« Nous allons utiliser ces réserves de manière nouvelle, pour agir sur les prix », a-t-il ajouté, en écartant une baisse de la fiscalité : le pays ne peut « rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise ». La décision française s’inscrit dans un engagement du G7 portant sur 100 millions de barils en quatre mois.

Six à neuf euros par plein, et davantage dans l’Est

Au 7 octobre 2026, le gazole s’affiche à 2,360 € le litre en moyenne dans les 9 020 stations qui le vendent. Une baisse de 12 à 18 centimes ramènerait ce prix entre 2,240 € et 2,180 €, soit 6 à 9 € d’économie sur un plein de 50 litres.

L’effet sera le plus visible là où le gazole est aujourd’hui le plus cher. Le Grand Est affiche la moyenne régionale la plus élevée, à 2,401 €, devant la Bourgogne-Franche-Comté à 2,399 €. À Strasbourg, où la moyenne communale atteint 2,500 €, un plein de 50 litres reviendrait à 116 € au lieu de 125 € si la baisse maximale se matérialisait. Même ordre de grandeur à Dijon, 2,405 €, et à Annecy, 2,392 €.

Une mesure qui laisse l’essence de côté

Le gazole n’est pas le seul carburant à la pompe. 7 101 stations vendent du SP95-E10, dont le prix moyen s’établit à 2,160 € ce 7 octobre : leurs clients ne sont pas concernés par l’annonce.

Pour eux, l’écart reste à chercher station par station. Les relevés du jour descendent à 1,980 € dans le Lot et 1,989 € dans le Nord, soit 18 centimes sous la moyenne nationale, ou 9 € sur un plein.

Une précision s’impose d’ailleurs sur ces records : le prix le plus bas que publie le flux officiel, 1,880 € à Paris, remonte à 429 jours. La station ne l’a plus actualisé depuis l’été 2025. Nous écartons les relevés de plus de trente jours, faute de quoi un prix oublié depuis quatorze mois se retrouverait en tête des comparateurs — plus bas que les autres pour la seule raison qu’il est ancien.

Enfin, les 12 à 18 centimes sont un ordre de grandeur annoncé, pas un tarif garanti : ce sont les distributeurs qui fixent les prix affichés. Le 1er novembre dira ce qui descend réellement jusqu’à la pompe.