Réservoirs percés : 119 € de gazole volé, jusqu'à 1 500 € de réparation
La rédaction Point Essence · 1 octobre 2026 · 3 min de lecture

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Pompes de distribution de carburant (photo d'illustration).
Photo : Tabl-trai · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0
La méthode du perçage se répand, de l'Oise au Var. Le réservoir ne se répare pas, il se remplace — et le bouchon à clé n'y change rien.
Percer le réservoir à la perceuse, poser un entonnoir, repartir avec le plein : la méthode se répand, de l’Oise au Var. Le carburant emporté vaut une centaine d’euros, la réparation jusqu’à quinze fois plus. Car un réservoir percé ne se rebouche pas : il se remplace.
Cent dix-neuf euros volés, mille cinq cents euros de dégâts
Au 1er octobre 2026, le gazole s’affiche à 2,384 € le litre en moyenne dans les 9 099 stations qui le vendent, selon les relevés du ministère de l’Économie. Un réservoir de 50 litres représente donc 119 € de carburant.
La réparation, elle, coûte entre 600 et 1 500 € selon le modèle du véhicule. Le réservoir est une pièce scellée : une fois percée, elle ne se répare pas, elle se change. Le voleur détruit ainsi cinq à douze fois la valeur de ce qu’il emporte.
Des faits relevés dans cinq départements
Dans la nuit du 17 août 2026, à Clermont, dans l’Oise, la plupart des véhicules stationnés aux abords de la gare ont été percés. Quatre plaintes ont été déposées pour autant de voitures ; selon les riverains, le nombre réel est plus élevé.
Des faits de même nature ont été relevés à Dieppe, en Seine-Maritime, et à Grimaud, dans le Var, ainsi qu’à Vicq, dans le Nord, et à Sumène, dans le Gard. D’après L’Express, qui a recensé ces cas le 22 août 2026, police et gendarmerie ont renforcé leurs patrouilles aux abords des parkings.
Le vol accompagné de dégradation expose son auteur à 45 000 à 75 000 € d’amende et jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Le bouchon à clé ne sert à rien ici
C’est le réflexe que l’on conseille partout, et c’est précisément celui qui ne marche pas. Un bouchon antivol protège de l’ancienne méthode, celle du tuyau glissé par l’orifice de remplissage. Le perçage, lui, attaque le réservoir par en dessous : il ignore le bouchon.
Ce qui gêne réellement un voleur tient en trois points :
- Le sol. Un véhicule stationné au-dessus d’une bordure, d’un trottoir surélevé ou dans un parking souterrain à faible garde au sol laisse trop peu de place pour se glisser dessous.
- La lumière et le passage. Les cas recensés ont tous eu lieu de nuit, sur des parkings de gare ou des zones peu fréquentées.
- Le niveau. Un réservoir à moitié vide offre moitié moins de butin pour le même risque — un argument qui pèse quand le plein approche les 120 €.
Ce qu’il faut faire en découvrant les dégâts
Ne démarrez pas le moteur : rouler sans carburant ou avec un réservoir éventré expose la pompe à injection, dont le remplacement s’ajoute à la facture. Prenez des photos du dessous du véhicule et de la flaque, déposez plainte — c’est elle qui vaut preuve de dégradation auprès de l’assurance — puis faites remorquer le véhicule.
La prise en charge, elle, dépend entièrement de votre contrat : le carburant volé et le réservoir détruit ne relèvent pas de la même garantie. Nous y consacrons un article à part.
En attendant, comparer avant de faire le plein reste le moyen le plus simple de ne pas immobiliser 120 € dans un réservoir : les prix relevés commune par commune sont mis à jour deux fois par jour.