Pénurie de carburant : 15,6 % des stations à sec, la Mayenne et l'Alsace en première ligne
La rédaction Point Essence · 23 septembre 2026 · 4 min de lecture

Photo d'illustration
Affichage des prix d'une station-service (photo d'illustration).
Photo : Benoît Prieur ·Wikimedia Commons ·CC0
15,6 % des stations manquaient d'essence ou de gazole lundi matin. La Mayenne et le Haut-Rhin dépassent 23 %. TotalEnergies concentre 86 % des ruptures.
Lundi 21 septembre à 7h50, 15,6 % des stations-service françaises manquaient d’essence ou de gazole. Une station sur dix n’avait plus ni l’un ni l’autre. La situation se dégrade sans interruption depuis le 18 septembre, et elle ne touche pas le territoire de façon uniforme.
Quatre jours, quatre paliers franchis
La courbe ne laisse pas de place à l’interprétation. Le 18 septembre, 11 % des stations signalaient une difficulté. Le 19, elles étaient 13 %. Le 20 au matin, 15 %. Le 21 à 7h50, 15,6 %.
Le détail par carburant montre que l’essence souffre davantage que le gazole. Le SP98 manque dans 17,1 % des stations qui le distribuent, le SP95-E10 dans 15,3 %, le SP95 dans 10,3 %. Le gazole reste en retrait, avec une station sur neuf en rupture.
Le Grand Est et les Pays de la Loire devant, la Corse épargnée
Deux régions décrochent nettement : le Grand Est, avec 20 % de stations en difficulté, et les Pays de la Loire, à 17 %. À l’autre bout, la Corse traverse l’épisode sans rupture significative.
| Département | Stations en difficulté |
|---|---|
| Mayenne (53) | 24,5 % (13 sur 53) |
| Haut-Rhin (68) | 23,9 % (27 sur 113) |
| Indre-et-Loire (37) | 23,6 % (21 sur 89) |
| Bas-Rhin (67) | 23,1 % (33 sur 143) |
| Ille-et-Vilaine (35) | 23,0 % (34 sur 148) |
| Lot (46) | 23,0 % (14 sur 61) |
| Lot-et-Garonne (47) | 22,9 % (19 sur 83) |
| Yvelines (78) | 22,3 % (31 sur 139) |
| Sarthe (72) | 21,6 % (21 sur 97) |
| Meurthe-et-Moselle (54) | 21,3 % (20 sur 94) |
Autour de Laval, près d’une station sur quatre était concernée. Le constat est le même dans l’agglomération de Mulhouse et sur le bassin de Strasbourg, où le réseau alsacien encaisse la pression la plus forte du pays. En Touraine, Tours suit la même pente, tout comme Rennes et Le Mans.
Le prix plafonné de TotalEnergies au cœur du mécanisme
Un chiffre explique l’essentiel : 86 % des stations en rupture appartiennent à TotalEnergies. Le distributeur plafonne depuis le 22 juillet l’essence à 1,99 € le litre et le gazole à 2,25 €, alors que les prix moyens relevés sur le réseau s’établissent à 2,182 € pour le SP95-E10 et 2,419 € pour le gazole.
L’écart, de 17 à 19 centimes par litre, représente 8,45 € à 9,60 € sur un plein de 50 litres. Les automobilistes se reportent donc massivement sur ces pompes, qui se vident plus vite que la logistique ne parvient à les réapprovisionner. Ce n’est pas un manque de carburant dans le pays, c’est un problème de flux.
Le gouvernement veut rassurer
Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, déclarait le 15 septembre : « Il n’y a aucun risque de pénurie, et 90 % des stations n’ont aucune difficulté. » Le lendemain, le président de la République demandait « une totale mobilisation » sur l’approvisionnement et les prix. Depuis, la proportion de stations en difficulté a gagné plus de quatre points.
En attendant que les rotations de camions rattrapent la demande, le réflexe utile reste le même : vérifier la disponibilité et le prix avant de partir, plutôt que d’enchaîner les détours.
Consultez la carte interactive de Point Essence pour voir, station par station autour de vous, les derniers prix déclarés et les carburants encore distribués.