Files d'attente chez TotalEnergies : 45 minutes pour économiser 10,33 €
La rédaction Point Essence · 10 octobre 2026 · 4 min de lecture

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Remplissage d'un réservoir en station-service (photo d'illustration).
Photo : Gustavo Fring · pexels.com · Licence Pexels
Le plafond à 1,99 € double la fréquentation et vide les cuves. Ce que l'attente rapporte vraiment, et pourquoi elle pourrait cesser en novembre.
Trente à quarante-cinq minutes d’attente, parfois une heure dans le Var. Des cuves vides dans les Landes. Une station passée de 300 à plus de 600 passages par jour. Le plafonnement à 1,99 € que TotalEnergies applique dans ses 3 300 stations depuis le 22 juillet produit désormais ses propres embouteillages.
Ce que l’attente fait gagner, au centime près
L’écart justifie l’affluence. Nos relevés du 10 octobre donnent, sur le SP95-E10 :
| Stations | Prix moyen | |
|---|---|---|
| TotalEnergies | 1 254 | 1,990 € |
| Autres enseignes | 5 935 | 2,197 € |
Soit 20,7 centimes le litre, ou 10,33 € sur un plein de 50 litres. Sur le gazole, plafonné à 2,25 €, l’écart est de 12,6 centimes, soit 6,30 € le plein.
Quarante-cinq minutes d’attente pour 10,33 €, cela revient à vendre son temps 13,80 € de l’heure. Le calcul complet — détour, attente, risque de cuve vide — est détaillé dans notre guide : faire la queue ou payer plus cher. Un chiffre y a changé depuis septembre : l’écart était alors de 8,85 € par plein, il est aujourd’hui de 10,33 €. Le plafond est fixe, le reste du marché monte.
Le risque que la file elle-même fabrique
Une station ne se réapprovisionne pas au rythme où elle se vide. Doubler la fréquentation, c’est vider la cuve deux fois plus vite, et les ruptures signalées dans les Landes suivent mécaniquement les files d’attente.
Le calcul se retourne alors : quarante-cinq minutes d’attente pour rien, puis un plein à faire ailleurs, au prix fort, avec le détour en plus. C’est le scénario qu’il faut peser avant de se garer derrière la douzième voiture.
Les zones où plusieurs stations se partagent la demande amortissent mieux le choc. Toulon compte sept stations déclarant un prix du gazole, contre quatre à Mont-de-Marsan et quatre à Dax : à affluence comparable, la pression sur chaque cuve n’y est pas la même.
Pourquoi novembre pourrait tout changer
C’est l’élément que les files d’attente d’aujourd’hui ignorent.
À partir du 1er novembre, les 10 millions de barils de gazole libérés des stocks stratégiques doivent faire baisser le prix de 12 à 18 centimes. Appliqué à la moyenne actuelle de 2,353 €, cela donnerait un gazole entre 2,233 € et 2,173 € — c’est-à-dire au niveau du plafond de TotalEnergies, voire en dessous.
Si la baisse se matérialise, la raison même de faire la queue disparaît pour les conducteurs de diesel : le prix plafonné cesserait d’être une affaire. Pour l’essence, en revanche, rien n’est prévu — la mesure ne concerne que le gazole, et l’écart de 20,7 centimes resterait entier.
Ce qu’il faut faire d’ici là
Attendre trois quarts d’heure a un sens si la station est sur votre trajet et que la cuve est pleine. Il en a beaucoup moins s’il faut y aller exprès.
Avant de vous déplacer, vérifiez le prix des stations autour de vous : dans bien des communes, une enseigne non plafonnée se trouve à quelques centimes du plafond, sans file d’attente. L’écart de 20 centimes est une moyenne nationale, pas une fatalité locale.