Essence : les 5 mesures de l'État réellement en vigueur, et celle qui n'en est pas une
La rédaction Point Essence · 23 septembre 2026 · 4 min de lecture

Photo d'illustration
Station-service d'aire d'autoroute (photo d'illustration).
Photo : Benoît Prieur · Wikimedia Commons · CC0
Le plafond à 1,99 € n'est pas une décision publique. Le point sur ce que l'État verse vraiment en septembre 2026, et sur ce qui reste une déclaration.
Entre les annonces, les dispositifs reconduits et les décisions d’entreprise, il est devenu difficile de savoir qui paie quoi. Cinq mesures publiques sont effectivement en vigueur en ce mois de septembre 2026. Une sixième, la plus visible à la pompe, n’est pas une mesure de l’État du tout.
Les cinq dispositifs actifs
1. L’indemnité carburant, 100 €. Versée pour la période d’avril à septembre, sous conditions de revenus et de kilomètres. La demande se dépose sur impots.gouv.fr jusqu’au 30 septembre. Au 22 septembre, 1,5 million de dossiers avaient été déposés pour 5,5 millions d’ayants droit potentiels.
2. La seconde tranche de 100 €. Pour la période d’octobre à décembre, avec des critères de revenus élargis. Elle est versée automatiquement aux bénéficiaires de la première tranche, sans nouvelle démarche.
3. Les remboursements sectoriels, jusqu’au 31 décembre 2026 : 15 centimes par litre de gazole non routier pour les agriculteurs, 20 centimes pour les entreprises du BTP, et une prise en charge de 70 % de la hausse pour les pêcheurs.
4. Le relèvement de la prime transport. Le plafond exonéré de la participation facultative de l’employeur passe à titre exceptionnel à 1 000 € par an.
5. Le chèque énergie avancé à janvier 2027. De 48 à 277 € pour 5,8 millions de ménages. Attention : il règle des factures de logement, pas des pleins de carburant.
Celle qui n’en est pas une : le plafond à 1,99 €
C’est la mesure la plus visible, et elle n’est pas publique. Le plafonnement de l’essence à 1,99 € le litre et du gazole à 2,25 €, en vigueur depuis le 22 juillet, est une décision commerciale de TotalEnergies. Aucun texte ne l’impose, aucune enseigne concurrente n’y est tenue, et rien ne garantit sa durée.
Cette confusion a des conséquences pratiques. Elle envoie les automobilistes vers un réseau unique, qui concentre aujourd’hui 86 % des stations en rupture. Le prix affiché relève d’un choix d’entreprise, et la disponibilité qui va avec aussi.
Ce qui a été dit, et ce que les chiffres montrent
Le 15 septembre, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, déclarait : « Il n’y a aucun risque de pénurie, et 90 % des stations n’ont aucune difficulté. » Le 16 septembre, le président de la République demandait « une totale mobilisation » sur l’approvisionnement et les prix.
Six jours après la première déclaration, la proportion de stations en difficulté atteignait 15,6 %, contre 11 % le 18 septembre. Une mobilisation demandée n’est pas un dispositif, et n’apparaît sur aucun relevé de prix.
Dans les départements les plus touchés, l’écart entre le discours et le terrain se mesure station par station. Autour de Colmar, près d’une station sur quatre était concernée, une proportion comparable à celle relevée autour de Versailles et de Nancy.
Ce qu’il faut en retenir
Deux actions restent à la main de l’automobiliste, et une seule a une échéance. Déposer la demande d’indemnité carburant avant le 30 septembre si les conditions sont remplies, et vérifier les prix avant de se déplacer plutôt qu’après.
Consultez la carte interactive de Point Essence pour comparer, autour de chez vous, les derniers prix déclarés et la date de leur relevé.