Baisse de 15 centimes sur le gazole : trois jours après l'annonce, les prix n'ont pas bougé
La rédaction Point Essence · 10 octobre 2026 · 4 min de lecture

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L'hôtel de Matignon, d'où l'annonce a été faite (photo d'illustration).
Photo : Guilhem Vellut · Wikimedia Commons · CC BY 2.0
Le gazole est passé de 2,360 € à 2,353 € depuis l'annonce de Sébastien Lecornu. Ce que la mesure peut vraiment produire au 1er novembre.
Le 7 octobre, Sébastien Lecornu annonçait une baisse de 12 à 18 centimes le litre de gazole grâce aux stocks stratégiques. Trois jours plus tard, le prix moyen national est passé de 2,360 € à 2,353 € : sept dixièmes de centime. C’est l’écart ordinaire d’un jour à l’autre, pas l’effet d’une mesure.
Rien d’anormal, mais rien d’encourageant non plus
L’absence de mouvement n’a rien de surprenant : la mise à disposition des 10 millions de barils ne commence qu’au 1er novembre, et s’étalera sur trois mois. Aucune baisse n’était attendue cette semaine.
Ce que ces trois jours montrent en revanche, c’est qu’une annonce ne fait pas bouger un prix à la pompe. Le gazole reste à 2,505 € à Strasbourg, 2,400 € à Paris et 2,388 € à Vitrolles, comme avant.
Ce que disent les spécialistes
L’économie promise est d’environ 10 € par plein. Elle suppose que les distributeurs répercutent intégralement à la pompe un carburant qu’ils achèteront moins cher — ce qui ne dépend pas de l’État.
« On va peut-être limiter la hausse, mais je ne pense pas que l’on verra des prix baisser… très bien, on va s’acheter trois mois », estime Thierry Bros, professeur à Sciences Po Paris et spécialiste de l’énergie, cité par franceinfo.
La nuance est importante : limiter une hausse et produire une baisse ne donnent pas le même chiffre sur le totem, même si les deux sont des succès du point de vue de celui qui décide.
Le point que l’annonce n’évoque pas
Il existe déjà, en France, un prix du gazole nettement inférieur à la moyenne, et il ne doit rien aux stocks stratégiques.
Depuis le 22 juillet, TotalEnergies plafonne son gazole à 2,25 € le litre. Nos relevés du 10 octobre le confirment : ses 1 684 stations affichent 2,250 € de moyenne, contre 2,376 € pour les 7 348 stations des autres enseignes. Soit 12,6 centimes d’écart, ou 6,30 € par plein, déjà disponibles aujourd’hui.
Si la baisse promise se matérialise à son niveau haut, la moyenne nationale tomberait à 2,173 €, donc sous le plafond de TotalEnergies. À son niveau bas, elle atteindrait 2,233 €, soit à peine moins. Autrement dit : la mesure amènerait le reste du marché là où une seule entreprise se tient déjà depuis l’été.
Ce qu’il faut surveiller au 1er novembre
Trois choses diront si la promesse tient :
- L’écart entre enseignes. S’il se resserre, la baisse circule. S’il reste à 12 centimes, seuls les prix de départ auront changé.
- La vitesse. Les hausses se répercutent en quelques jours, les baisses mettent souvent plusieurs semaines. L’écart entre les deux est un indicateur en soi.
- Les régions les plus chères. Le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté partent de plus haut : c’est là que l’on verra si la baisse est uniforme ou si elle épouse la concurrence locale.
Nous republierons ces chiffres début novembre. En attendant, les prix relevés commune par commune sont mis à jour deux fois par jour.